DARWIN
Sur le bateau dans le port de Darwin (la classe!)
Samedi 27 mars
Greg le couchsurfeur vient me chercher en voiture à l’aéroport (le pied !). Les Australiens du nord ont un sacré accent : je ne comprends RIEN de ce qu’il me raconte. Moi qui était plutôt fière de mes progrès en compréhension orale voilà que j’ai tout à recommencer ! D’après ce que je peux saisir, il a 33 ans, il est ouvrier du bâtiment (il m’a parlé de maisons et il a plein d’outils dans sa camionnette), sa passion est la pêche et il fait du couchsurfing depuis moins d’un an. Il n’héberge plus que des filles parce que les garçons sont grossiers et sales. Il y a déjà deux Allemandes et une Française dans son petit deux pièces-cuisine de la banlieue populaire de Darwin. Ses voisins sont des émigrés asiatiques ou des aborigènes, tous très discrets. Il semble heureux et paisible malgré l’invasion de routardes, ou peut-être est-il heureux à cause de cette invasion… Je sors rapidement pour découvrir Darwin. Greg passera l’après-midi sur son canapé à regarder la télévision, ravi d’avoir la compagnie de deux routardes bouquinant sur des matelas gonflables qui occupent toute la place du salon.
Il est vrai que rester dans le salon était bien tentant : il a la climatisation ! Dehors il fait CHAUD ! Humide et CHAUD ! Je n’avais plus dégouliné comme ça depuis l’Inde. Les distances à pied me semblent longues et pénibles sous cette chaleur.
Photo prise depuis la promenade qui longe la mer : la cote est tres sauvage, meme au coeur de Darwin.
La végétation est tropicale. Il y a des arbres aux fruits bizarres partout : de longs haricots de 40 centimètres pendent des arbres ainsi que des boules blanches grosses comme une pomme de terre, molles et translucides.
Darwin n’est pas une belle ville. Mais ayant été rasée par deux fois : en 1943 par les Japonais et en 1974 par un cyclone, ce n’est pas très étonnant. Des tours, des centres commerciaux, un centre administratif, et des plages inutilisables durant la saison humide (de novembre à mai) du fait des méduses tueuses. Pour que les gens puissent se baigner, ils font des plages artificielles avec des fausses vagues et un sol couleur sable (un peu tristounet quand même !). J’ignorais que, comme Melbourne, Darwin est au fond d’une baie : impossible de voir la haute mer depuis la ville : on voit la terre de tous les côtés ! C’est ce qui m’a le plus déçu : j’aime le dynamisme des vagues, cela change totalement l’atmosphère d’un lieu.
J’ai vu l’emplacement de la première maison du télégraphe et l’emplacement du premier pylône télégraphique pour le câble sorti des eaux (Darwin a été créé en grande partie pour le télégraphe : une ligne sous-marine a relié l’Australie au monde en 1870).
La plage artificielle de Darwin (qui tourne le dos a la vraie plage, a droite de la photo).
J'ai egalement visite le Parlement ou se trouvait une exposition interessante sur l'histoire politique du Northen Territory.
La population aborigène semble aller mieux qu’à Alice Spring. Beaucoup d’entre eux sont toujours assis toute la journée à l’ombre des arbres, mais ils ne nous demandent rien et lorsque l’on croise leur regard ils nous disent bonjour avec un beau et grand sourire.
Greg, excellent cuisinier, nous prépare un somptueux repas mexicain pour le dîner.
Terrible orage le soir : son et lumière dans les nuages que nous admirons depuis le balcon.
Je partage avec une des Allemandes le grand lit de la chambre d'ami. Sommeil difficile a cause de la chaleur.
Dimanche 28 mars
Matin : botanic garden et musée dans une chaleur insuportable mais je n’ai le temps d’en voir qu’une petite partie : on m’attend à l’appartement à midi pour une ballade en mer. John, un ami de Greg, a un bateau et il nous invite tous et toutes pour une après midi de pêche au crabe.
C’est un chouette petit bateau et nous tenons aisément à 6. Une fois en mer nous commençons par préparer les dix cages dans lesquels on glisse une patte de poulet : les crabes (et les crocodiles !) adorent ça. John nous explique que si on sent que le filet résiste et reste bloqué sous l’eau, il ne faut pas essayer de le décoincer et l’abandonner : il y a de fortes chances qu’un crocodile soit couché dessus !
John, ami de Greg et proprietaire du bateau
Une fois dans la mangrove, il ne faut pas mettre ne serait-ce que la main dans l’eau : les crocodiles suivent le bateau et quand quelque chose dépasse : niac !
Les autorités voudraient se débarrasser des crocodiles dans un rayon de 50 kilomètres autour de Darwin. Des pièges sont placés à l’embouchure des mangroves. Les crocodiles sont ensuite relâchés plus loin, dans des zones inhabitées.
Le piege a crocodile
Mais cela semble peine perdu car John nous explique qu’un crocodile est pris chaque jour dans le piège depuis 4 semaines. D’ailleurs, nous passons près du piège et un petit crocodile d’un mètre cinquante - « a little fellow » dit Greg avec tendresse - est pris à l’intérieur. Il est impressionnant d’imaginer qu’il y a des crocodiles partout sous l’eau en train de nous épier.
Ce paysage de mangrove est tout nouveau pour moi. Nous nous enfonçons dans les petits estuaires pour déposer les pièges. Les longues racines tombent jusque dans l’eau. John nous montre les traces de crocodiles dans la boue : ils doivent être gros car ils ont fait s’effondrer la berge sous leur poids.
Lorsque les dix filets sont posés il faut attendre que la marée monte. Nous allons de l’autre côté de la baie pour nager. John nous assure que c’est sans risque. Nous (les 4 filles), avons tout de même peur des méduses et des crocodiles. Nous laissons donc les garçons plonger les premiers, attendons quelques minutes pour s’assurer que tout va bien, puis plongeons à notre tour. La mer est si chaude (32 degrés selon John) que ce n’est pas rafraîchissant. C’est tout de même agréable de nager dans cette eau turquoise et laiteuse.
Après un pique nique sur l’eau, de fruits, chips, petites tomates, biscuits et chocolat, nous voilà repartis pour un autre lieu de baignade. Une des Allemandes refuse de plonger quand John raconte qu’il a vu un crocodile adulte à cet endroit la semaine dernière. Il a beau dire que ces animaux sont très timides hors de leur mangrove je ne peux pas m’empêcher de scruter l’eau. Sur la plage, des sangsues grimpent sur ma jambes et me goûtent.
Lorsque nous retournons dans la mangrove le paysage a complètement changé : c’est la marée haute et l’on ne voit plus les racines ! Les filets sont bien difficiles à retrouver. Mauvaise récolte : un seul crabe est juste assez gros pour être mangeable.
John et Anne ont bien du mal pour retrouver les filets.
Greg peste sur la maigre recolte : deux bebes crabes et un poisson chat.
L’orage de la veille continue de sévir : on le voit tourner autour de nous en déversant ses trombes d’eau toute la journée.
L'orage derriere Darwin : tout autour, le ciel bleu.
Retour au port en longeant Darwin : agréable de découvrir la ville sous une autre perceptive !
Le soir, Greg nous prépare non seulement le crabe, absolument délicieux (je pense n’en avoir jamais mangé d’aussi bon) mais aussi un rôti de porc cuit à la broche avec un assortiment de carotte, potiron et pommes de terre grillées. Un régal ! Champagne en désert (les Australiens appellent Champagne tous les vins pétillants).
Greg, excellent cuisinier, prepare la sauce qui accompagnera les legumes grillés.