Arrivée à Alice Spring
Départ de Wollongong à 6h30 du matin avec la voiture de location. Ce furent deux jours et demi étranges et fatigants. J’avais oublié à quel point il était impossible de dormir dans cette maison avant 3 heures du matin. Interminable fêtes bruyantes sur la terrasse. Le temps était superbe mais le soleil se couchait étrangement tôt ! Mon arrivée c’est déroulée comme dans un rêve. Pendant le mois et demi passé à Melbourne, Wollongong était devenu un fantasme. Je me répétais inlassablement le scénario de mon retour : prendre la route de l’océan, le vert et brun intense de la forêt de gumtree contrastant avec le bleu translucide de l’océan, enfiler mon maillot de bain, courir vers la plage par la promenade le long des rochers, retirer mes tongs pour marcher sur le sable doux et chaud, plonger dans les vagues, lever les yeux vers la surface et voir les vagues rouler au dessus de ma tête, et en dessous les poissons, me laisser sécher par le soleil en regardant les hommes toujours aussi beaux, boire une bière sur la terrasse en regardant vivre les gens, les bateaux, les joggeurs, aller m’acheter un fish and chips que j’ai mangé près du phare en regardant les surfeurs dans les vagues.
Première impression à mon arrivée à Alice Spring : ma parole, c’est tout vert ! Un beau vert bien vif et pétant de santé ! Je m’attendais à un désert rouge et sec, et voilà que la végétation est 10 fois plus luxuriante qu’à Melbourne ! Le chauffeur de la navette qui nous conduit de l’aéroport à nos hôtels respectifs explique aux voyageurs étonnés que ces trois dernières semaines, il est tombé plus de pluie que durant toute l’année dernière. Alice Spring n’a pas été aussi verte depuis longtemps !
Aussitôt arrivée à l’auberge de jeunesse, je m’enquière auprès du réceptionniste pour réserver un tour à Uluru, King Canion et environs. Première déception : le tour opérateur dont parlaient Brigitte et Paul dans leur journal de voyage (Sahara Outback, 545 dollars les 5 jours) n’existe plus ! Ils ont été racheté par une grosse boite : Connexion, et les prix ont doublé ! Ensuite grosse peur : le réceptionniste de l’auberge m’affirme que j’aurais dû réserver il y a longtemps, parce que maintenant tout est complet pour la semaine ! Catastrophe ! Tous les routards rencontrés m’avait pourtant fortement conseillés de ne surtout pas réserver à l’avance sous peine de payer le prix fort. Je me rends à l’office du tourisme où une adorable dame me trouve un tour pour le lendemain : 4 jours à 650 dollars avec Adventure Tour. Apparemment, une grosse boite multinationale a racheté toutes les petites boites locales. Du coup les prix ont doublé et la qualité à chuté puisque les propriétaires ne sont plus des gens du coin passionnés par leur pays. Réservant à la dernière minute, je bénéficie d’un gros rabais, puisque j’apprendrais que certains de mes compagnons ont payé 920 dollars (!!!). L’inconvénient de ce tour est qu’il y a quelqu’un qui s’occupe de monter nos tentes et de faire nos repas, alors que je me faisais un plaisir de participer à la vie commune. Quel intérêt de faire du camping si c’est pour vivre comme à l’hôtel? Mais apparemment, tous les tours opérateurs font ça maintenant, argumentant que si les prix augmentent c’est que la qualité est meilleure… On verra ça demain. Je suis en tout cas très impatiente de partir !
Je profite de l’après-midi pour me promener dans Alice Spring. Je n’en vois pas grand-chose mais ma première impression est celui d’une petite ville oppressante : 26 000 habitants au milieu de nulle part ne vivant que du tourisme…
Je monte sur une petite colline d’où on a une vue sur Alice Spring et me promène dans la rue centrale : Todd Street, la seule rue animée (et piétonne) d’Alice Spring. Rien d’extraordinaire : des galeries d’art aborigène, des boutiques de souvenir, des agences de voyages, et des restaurants (chers !).
Il y a beaucoup d’Aborigènes ici… qui n’ont pas l’air en bonne santé. Ils s’assoient en groupe à l’ombre des arbres. Les enfants sont mal habillées et échevelés. Quelques femmes visiblement soûle et sentant mauvais veulent me vendre des trucs. Triste tout ça…
Je me rends au cinéma : Alice va voir Alice aux pays des Merveilles de Tim Burton à Alice Spring !
Je craignais l’auberge de jeunesse mais je ne dors pas mal, mis à part l’arrivée d’une colocataire à 3 heures du mat’, surement sortie du pub. Qu’a cela ne tienne, je me ferais un plaisir de la réveiller à 5 heures du matin pour mon départ en excursion. C’est de bonne guerre !