Avions qui rouillent et gros lezard

Publié le par Célia Sorg

Jeudi 25 mars

 

Journée un peu stressante : j’avais prévu de me rendre à la banque pour tirer de l’argent avec ma carte française et mettre le liquide sur mon compte australien pour ne pas avoir à trimbaler 1000 euros dans mon sac (plus que 120 dollars sur mon compte australien donc ça devenait urgent!). Et là, douloureuse surprise : ma carte ne marche pas. Au guichet on me dit que comme je n’ai pas utilisé ma carte depuis 4 mois la puce doit être bloquée et je dois contacter Mastercard. Interminables et douloureuses discussions avec je ne sais pas qui, je ne sais pas où, qui me passent des numéros qui sonnent dans le vide. Je décide d’attendre le soir pour appeler ma banque.

Je me rends à pied à l’Araluen cultural precinct (1,5km à pied du centre). Rien de bien palpitant. Je paie 7 dollars pour voir le Museum of central Australia. Il y a tellement de choses à dire sur l’histoire et la vie en Australie centrale que je m’attendais à du passionnant. Le bâtiment est beau mais plein de vide. Beaucoup de géologie et d’animaux empaillés mais sans aucune explication. La partie historique traite uniquement de Hermansburg et du professeur Ted Strehlow, fils des missionnaires de l’endroit. Comme je suis allée la veille visiter Hermansburg, cela m’intéresse. Plus loin dans le cultural precinct on peut visiter avec le même billet le musée de l’aviation dans lequel rien n’a bougé depuis 1983 et auquel je décerne sans hésiter la palme du musée le plus barbant et le plus déprimant de l’univers : Ah! Les panneaux explicatifs à moitié décollés tapés à la machine en 1979 ! Iiiih ! Le vieux film vidéo de MILLE NEUF CENT QUATRE VINGT QUATRE racontant l’histoire d’une compagnie aérienne locale disparue en MILLE NEUF CENT QUATRE VINGT HUIT ! Oh ! La photo d’un inconnu recevant une médaille en 1954 ! Rha ! La carcasse rouillée d’un vieille avion retrouvé dans le désert en 1962 (mais pourquoi donc ont-ils enlevé le squelette qui était dedans ? C’aurait été cool!) !

Ensuite, dans le même Cultural Precinct je visite ce qui est en fait un magasin de produits locaux aux prix ahurissants, et un Art Center avec beaucoup d’œuvres aborigènes, mais bizarrement, rien qui ne me parle sauf deux toiles de Kathleen Wallace (comptant les légendes des Seed spirits et des Fire spirits : les esprits des graines et les esprits du feu). Je peux voir enfin des toiles d’Albert Namatjira dont j’ai vu la maison la vieille mais suis un peu déçue : ce ne sont que des paysages à l’aquarelle que je ne parviens pas à trouver jolis.

Discussion pénible avec une personne peu favorisée par la nature travaillant à ma banque.

Finalement, un routard rencontré à l’auberge de jeunesse me conseille d’essayer tous les distributeurs de la ville : et une gentille banque accepte de me donner des sous ! Joie ! Je vais de ce pas m’acheter des chips et une boite de thon pour fêter dignement l’évènement.

J’aime bien l’auberge de jeunesse d’Alice Spring finalement. C’est un ancien cinéma et chaque soir, ils passent des films à l’extérieur sur un grand écran. Les gens sont là pour faire du tourisme, pas pour faire la fête, donc la nuit il n’y a pas de bruits, je peux dormir. Les gens ne sont pas très amicaux mais ce n’est pas grave : je ne tiens pas à socialiser pour le moment car je ne me suis pas encore remise de ma crise de gensine.

 

 

 

Vendredi

 

Une excellente journée !

A 9h30 du matin visite guidée (rien que pour moi, je suis la seule à être venue ! ) de la galerie Mbantua dans la rue principale. C’est une immense galerie privée qui vend les œuvres des artistes aborigènes d’une petite communauté du nord est depuis 1986. Les gens de la galerie leur apportent les toiles et les peintures, reviennent 6 mois plus tard, paient les artistes « ce qu’ils demandent », et embarquent leurs toiles pour les vendre dans la galerie. C’est une énorme source de revenus pour la communauté. Dans la bouche de la dame, cela à l’air tout beau et tour rose, mais je ne peux pas m’empêcher d’imaginer de la magouille. Si j’en crois les photos, ces gens vivent toujours dans des baraques en tôles et vieux sacs de jute alors que le prix des toiles varient de 150 à 20 000 dollars et que les locaux de la galerie sont somptueux… Quelle marge de profit se mettent-ils dans la poche? Qu’apportent-il vraiment aux communautés? Mais en mettant de côté mon mauvais esprit, je passe un excellent moment. La guide m’apprend à faire la différence entre les peintures faites par les femmes (colorées, faisant la part belle aux plantes, à ce qui se mange, au thème de la cueillette et de la nourriture) et les peintures des hommes (moins colorées - 2 ou 3 couleurs dont marron et noir, plus symétriques, thème de la chasse ou des animaux). La visite, entièrement gratuite, dure un bon 45 minutes! Peut-être parce que la dame a senti à quel point je buvais ses paroles. Je manque d’acheter une petite toile à 250 euros de Rochelle Ferguson (très colorée avec des fourmis-miel (honey Ant)et de gros vers blancs qui se logent dans les racines d’un certain arbuste et qui sont parait-il délicieux). Il y en a de très jolies aussi à 150 euros de Doreen Payne et Thérèse Ryder. Je parviens à résister mais c’est dur.

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Ballade à pied de 4 kilomètres le long de la Todd river pour me rendre à la Station du Télégraphe. Une fois passé les faubourgs d’Alice Spring, c’est très vert et très plaisant. Il fait chaud, mais rien d’insupportable (le soleil tape dur mais avec un pantalon, un foulard et un chapeau ça va).

 

 

Le paysage aux alentours de la station telegraphique. 

 

 

 

 

 

 

 

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La "vraie" Alice Spring !

 

Je trempe mes pieds dans la vraie Alice Spring (source d’Alice), en fait un trou d’eau à 20 mètres de la station du télégraphe. La source ce nomme ainsi en l’honneur de la femme du superintendant du télégraphe, Alice Todd (quels lèches-bottes!). Alice Todd n’a jamais mis les pieds à Alice Spring : elle devait être bien mieux dans sa maison de Melbourne ou Sydney.

Je tire la tronche lorsque l’on me demande 8 dollars (sans réduction étudiant) pour entrée dans la station : je suis très radine et je trouve qu’ils exagèrent un peu avec les attractions pour touristes ici. Mais enfin, je ne regrette pas mes 8 dollars : c’est intéressant et bien fait. La petite ville originelle d’une dizaine de maisons nommée Alice Spring (ce que l’on appelle Alice Spring de nos jours est en fait Stuart Town, du nom de l’explorateur qui a tracé la voie du nord au sud de l’Australie qui allait servir au télégraphe) a 130 ans d’histoire riche et palpitante dans un environnement certainement sauvage et difficile mais magnifique.

IMGP3995Petite ballade superbe dans les alentours de la station : je croise une dizaine de kangourous et un petit cimetière très émouvant avec les tombes des premiers colons (j’avoue être particulièrement attirée par les tombes depuis un cours d’histoire en maîtrise à ce sujet avec le Pr Francfort).

Retour à pied de 4 kilomètres par le même chemin, tout aussi agréable. Je croise un gros lézard immense de plus d’un mètre qui me fait un peu peur.

A 14h30 je me rends à une séance (gratuite!) de Didjeridoo dans un magasin-atelier de Todd Street. Je n’arrive à sortir aucun son de l’instrument à part un espèce de barrissement d’éléphanteau asthmatique mais il est agréable d’écouter et regarder les démonstrations du prof, très impressionnantes. Ce monsieur fait des spectacles de Didjeridoo d’une heure trente deux fois par semaine à 25 dollars qui doivent être très bien mais c’est complet pour ce soir.

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Lezard gigantesque qui croise mon chemin.

 

 

Je rentre à l’auberge de jeunesse vers 15 heures 30. J’aurais pu aller à d’autres attractions : le « desert park » dont on m’a dit le plus grand bien mais qui coûte 40 dollars (entrée + navette pour y aller), les Flying Doctor et la School of the Air, ou le reptile center. Mais j’ai peur d’être déçue  et décide de me la couler douce jusqu’au lendemain en pratiquant les leçons de Ben. Le soucis est que le temps passe très très vite lorsque l’on se la coule douce… A peine le temps d’organiser ma séance de méditation et c’est déjà le soir ! Soupe en sachet et pâté de foi (foie? fois?) sur toast en regardant un film sur le grand écran extérieur : le pied !

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