Cambodge : la côte
24 novembre 2011
Départ de Bangkok à 9 heures 30 à la gare routière d'Ekkimoi (241 bahts). Arrivée à Trat vers 15 heures. De là, sans quitter la gare routière, mini-bus pour la frontière, qui part lorsqu'il est plein (mais pas longtemps à attendre, 120 bahts). Passage de la frontière sans histoire, mais j'avais déjà commandé et imprimé mon visa en ligne. Le jeune homme qui m'a accompagné pour me montrer le guichet et était resté avec moi tout le temps (en m'arrchant mon passeport des mains) me demande en pourboire. Je lui explique que non seulement je n'avais pas besoin de lui et qu'en plus je ne lui avais rien demandé mais je lui donne quand même 20 bahts (je suis trop faible!). Les chauffeurs de taxi, tuk-tuk et moto ont commencé à me harceler avant même le passage de la frontière : très déplaisant ! Pour m'emmener en ville, à 10 kilomètres de là, je choisi une moto-taxi pour 100 bahts : la seule chose que j'arrive à marchander, avec grande difficulté, est le prix du pont à péage, que le chauffeur accepte de payer de sa poche (ça ne devait pas être bien élevé!). Après, ça se complique, le chauffeur fait un détour pour me faire changer mon argent "à la banque" (ça ressemble plus à l'arrière boutique de son beau-frère !). Je refuse catégoriquement. Puis nouveau détour pour me faire acheter un billet de bus pour le lendemain (chez son cousin?). Nouveau refus. Puis il m'emmène dans un hôtel qui n'est pas celui que j'avais demandé. Je rouspète, j'insiste : il dit qu'il ne connait pas l'hôtel que je cherche. Dans une si petite ville, ça m'étonnerait! A mon avis, il n'est pas commissionné par cet hôtel et voudrait m'emmener là où il touchera quelques sous du patron. Il m'emmène ailleurs, toujours pas où je veux. Je visite mais c'est vraiment trop nul, glauque, matelas épouvantable. J'en ai assez et laisse mon chauffeur planté là. Je lui donne ses 100 bahts, et il ose encore me réclamer un pourboire. Je l'envoie balader et pars à pied à la recherche de mon hôtel. Il était à à peine 100 mètres de là ou j'étais, mais je pars au hasard dans la mauvaise direction (pas de plan dans le routard), et ne le trouve qu'une demi-heure plus tard après un grand détour épuisant !
Toutes ces émotions m'ont complètement épuisée et déprimée... Je déteste me battre avec les gens pour avoir mon dû. Heureusement, mon hôtel, l'Apex, est pas trop mal, tout neuf avec une piscine. J'ai un haut le coeur au moment de faire pipi en constatant l'état de la cuvette (poils collés et trainées jaunes). Je râle à la réception mais personne ne vient, et je finis par nettoyer moi-même. A la réception, ils veulent me vendre le billet de bus pour Shianoukville 10 dollars alors qu'après renseignement une petite boutique à deux pas vend le même pour 7 dollars (après un court marchandage, il faut vraiment tout marchander ici! Je n'aurais pas cru que l'on puisse économiser un ou deux dollars à chaque fois que l'on achète quelque chose!).
Achat d'une carte sim pour mon téléphone portable : dans la première boutique les cartes sim ne marchent pas. Le vendeur veut quand même me mettre du crédit depuis son téléphone à lui. Je refuse énergiquement et part dans la boutique d'à côté, où ça marche du premier coup!
Repas sympa dans une petite boutique familiale (2 dollars). Je crois commander du poulet mais j'obtiens du calamar : tant pis, c'est vraiment bon! Riz un peu froid, dommage...
Bilan : premier jour au Cambodge un peu difficile... En Birmanie, je n'avais pas pris l'habitude de me faire arnaquer et harceler de cette manière ! Les Birmans ne se permettent pas ce genre de comportement envers les touristes. Ils essayaient bien sûr de tirer avantage de moi mais c'était à un niveau "raisonnable". Il va falloir que je me "mette à niveau", mais passer mon temps à me battre n'est pas du tout mon truc.
25 novembre
Je voulais passer au moins une journée dans la jungle, autour de Koh Kong, mais les aventures de la journée m'ont donné envie de ne pas m'éterniser et de filer au bord de la mer. De plus, à l'agence dans laquelle je m'étais renseignée il n'y avait que deux inscrits pour l'excursion du lendemain : un couple de Français. Je n'avais pas très envie ni d'être embringuée dans une excursion où tout était organisé pour les touristes, ni d'être avec des Français, et encore moins seule avec un couple ( "j'aime pas les gens heureux, faut toujours qu'ils s'aiiiiment", la lala...).
Donc départ à 8 heures pour Shianoukville. Voyage en bus sympa, beaux paysages. A l'arrivée vers 13 heures, harcèlement des taxis vraiment déplaisant. Je n'ai pas encore posé le pied hors du bus qu'ils sont déjà plus de dix autour de moi. J'hésite entre deux quartiers de la ville. Je demande conseil à une touriste qui me dit que "Otres beach" est mieux, plus calme. Me voici donc parti avec l'un des motos taxis, pour 2 dollars (pas le courage de marchander).
Je suis très déçue par Otres beach. Tous les hôtels sont complets. Je ne trouve qu'une chambre à 12 dollars même pas le long de la plage mais de l'autre côté de la route. Pas mal mais j'aurais préféré une petite paillote au bord de l'eau. Là c'est une chambre en dure dans un bâtiment tout en longueur, tout neuf mais déjà décrépi, ça sent les égouts dans la salle de bain. C'est une chambre à deux lits. Le précédent locataire vient de partir : ils ne refont pas le lit qui a été occupé mais me contente de me dire de dormir dans l'autre...
Otres plage n'est qu'une suite de bangalow et de restaurant au bord de l'eau, loin de tout (pas de boutique où acheter de quoi manger : il faut manger au restau ou prendre un taxi pour se rendre en ville). Il n'y a que des jeunes couples qui bronzent au bord de l'eau. Dans l'eau, il y a de grosses méduses vertes, blanches, jaunes. Je me renseigne pour savoir si elles sont vénéneuse mais personne ne sait... Je n'ose pas essayer d'en toucher une pour faire un test et me baigne à peine car les eaux en sont vraiment infestées! A peine arrivée je m'ennuie déjà...
Pour le lendemain, j'hésite entre quitter la ville, aller dans un autre quartier, ou partir pour les îles.
Je choisis les îles mais lorsque je téléphone, tous les hôtels-bungalow indiqués dans le guide sont pleins ! J'achète donc une excursion "découverte des îles" sur une journée pour 12 dollars (pas cher puisque déjeuner et repas de midi sont inclus).
27 novembre
Départ à 9 heures 30. Le bateau vient directement me chercher sur la plage en face de l'hôtel. Il y a déjà une vingtaine de touristes, souvent jeunes et en couple, sauf une jeune Australienne et une française d'une soixantaine d'année sourde (je dois parler en articulant bien parce qu'elle doit lire sur mes lèvres), c'est avec elles deux que je passerai le plus de temps.
Première île : totalement nulle. Sale. Une baraque en béton a commencé a être construite puis abandonnée : vraiment moche. Le bateau n'accoste même pas mais reste à quelques encablures. Personne n'a vraiment envie de se baigner mais l'Australienne plonge donc tout le monde la suit. C'est sensé être un site de "snorkeling" mais il y a très peu de poisson, le corail semble mort, et l'eau est très brune.
Deuxième île, Bambou island (ou Koh Russeil). Beaucoup plus grande. On débarque sur une plage de sable parsemée de chaises longues avec des baraques vétustes. Il y a déjà 5 bateaux d'autres excursions : c'est l'usine! Barbecue de poisson en papillote pas mauvais. Avec l'Australienne je vais le plus loin possible des deux côtés de la plage : c'est dégueulasse : papiers, bouteilles en verre brisées, seringues usagées, et eaux très troubles avec très peu de poisson. Nous finissons par rester sur la plage en attendant le départ du bateau à 14 heures pour la dernière île.
A 14 heures moins 20 minutes, je vois un couple déboucher d'un petit sentier qui semble aller dans le centre de l'île. Je leur demande ce qu'il y a vers là-bas et ils me répondent : une plage magnifique! Ils me disent qu'il faut 10 minutes pour y aller et je n'ai plus qu'un quart d'heure : je cours le plus vite possible à travers la forêt vierge et découvre effectivement une plage paradisiaque avec quelques bungalows (le Koh Ru bengalows). Je demande au bar s'il reste un bungalow, on me dit que oui, et hop! Je refais le chemin en courant pour récupérer mon sac à dos qui est toujours sur le bateau de l'autre côté de l'île et qui part dans 5 minutes ! J'arrive à temps pour récupérer mon sac, dit au revoir à tout le monde, et je vais m'installer dans mon petit coin de paradis.
La plage nord de Koh Russei.
C'est vraiment chouette. Bungalows très rudimentaires mais cela ne me gène pas. Des jolis coins de snorkeling malgré l'eau pas mal trouble, mais quand même beaucoup mieux que ce que j'ai vu jusqu'à maintenant. Je passe l'après-midi à bouquiner dans mon hamac et à faire du snorkeling. Très beau coucher de soleil.
Mon bungalow.
Soirée un peu triste au bar de la plage. Je suis la seule voyageuse solitaire de la plage et personne ne m'adresse la parole. Tout le monde discute, joue aux cartes ou aux échecs autour de moi... Beaucoup de couples... Je n'ose pas m'incruster. En Birmanie, c'est quelque chose qui ne m'arrivait jamais : je ne mangeais seule que si j'en avais envie, il y avait toujours quelqu'un pour m'inviter à sa table ou une voyageuse solitaire dans les parages. Suis-je en train de regretter la Birmanie alors que je suis au bord d'une des plus belles plages du Cambodge?
Sur la plage, je vois deux étoiles filantes.
27 novembre
La mer est très agitée lorsque je me lève. L'eau est vraiment trouble. Je prends un petit chemin au travers la forêt vierge et arrive sur une petite plage déserte. Les vagues sont beaucoup moins fortes ici et les fonds marins sont magnifiques ! Encore un peu brunâtre avec beaucoup de particules en suspension, mais je vois des poissons de toutes les couleurs et de toutes les tailles, des poissons papillons, des poissons perroquets, des petits poissons bleus fluorescents. Je vois aussi un gros poisson qui ressemble à un poisson perroquet en plus mastoque, il mesure bien 50 centimètres de long, peut-être plus. Cela me fait penser aux "triger fish" thaïlandais, qui sont très territoriaux et attaquent les intrus. Je me sauve donc en quatrième vitesse. Mais à bien y repenser, ce poisson ne ressemblait pas du tout à un triger fish : j'aurais dû aller le voir de plus prêt !
La forêt vierge de l'île (la photo est floue, désolée!).
Je commande un riz sauté au restaurant, mais il est dégueulasse ! Immangeable! Il n'y a pas de concurrence sur l'île, mais ils pourraient tout de même mettre un peu d'amour dans leur riz, une mini-dose suffirait! Ils sont une bonne dizaine de jeunes gens américains et cambodgiens à gérer le lieu, mais tout le monde se la coule douce ! Au prix du bungalow (15 dollars la nuit), et des consommations, ils pourraient faire un minimum d'effort pour nettoyer les salles de bain et les bungalows. Dans les bungalows, il y a une petite affiche nous demandant d'apporter nos draps et serviettes à la réception pour, je cite, "leur éviter de se déplacer"!!!! On croit rêver!
Je reprends le bateau de la veille à 14 heures (tous les jours, il y a une nouvelle excursion) qui m'emmène à Sihanoukville. J'ai décidé de changer de quartier. Je vais en moto-taxi sur la colline de Victory Beach. Le premier hôtel visité ne me plait pas : pas d'ambiance, chambres glauques. Je vais dans un deuxième, bourré de français au style routard, beaucoup mieux, petits bungalow dans la végétation, terrasse sympa avec wifi à volonté...
Coucher de soleil au bord de l'eau avec une bière. La plage est moche! Mais des ribambelles d'enfants de toutes les couleurs jouent ensemble et s'éclatent dans le sable. Un vrai bonheur de les voir courir partout ! C'est tellement mieux que la plage superbe mais guindée et chicos de Otres Beach avec ses pinups et ses cocktails à 2 dollars.