Défis numéro 2 : le train !
28 septembre
J’ai pris le train pour me rendre de Madurai à Allepey : départ 23 heures. Arrivée le lendemain à 13 heures.
Je n’ai pas dormi beaucoup mais l’expérience était intéressante.
Je pensais avoir réservé en seconde classe, mais je me suis retrouvée en SL (sleepers), c’est-à-dire la plus basse des classes à réservation (il y a une classe plus basse mais sans couchette, les gens voyagent assis). Il y a 5 classes dans les trains indiens : 1ère, 2nd, 3ème (climatisées), SL (non climatisées) et sans réservation… Je ne pensais pas que l’on pouvait tasser autant de gens dans aussi peu d’espace (voir sur Pikéo, mais les photos ne sont pas terribles : c’est délicat de prendre des photos dans un train vis-à-vis des autres passagers).
Tous les passagers étaient absolument charmants et la nuit n’a pas été désagréable. On m’avait mise en garde et remise en garde contre les risques de vol dans les trains et les gares. Mais les gens étaient tellement adorables que je me sentais en totale sécurité. Une pièce de deux roupies s’est échappée de ma poche et la petite fille qui occupait la couchette en dessous de moi (j’étais tout en haut, contre les ventilateurs) me l’a rendue ! Je lui ai dis de la garder et le lendemain, elle est venue me demander pourquoi je lui avais donné les deux roupies. Impossible de me rappeler son nom mais nous avons discuté un long moment. Elle avait 9 ans, parlait un anglais impeccable (c‘est plutôt rare), avait une tresse de chaque côté du visage, un magnifique sourire et se rendait dans le Kerala pour dix jours de vacances avec ses parents.
Deux heures d’attente dans la ville de Quillon pour prendre la correspondance. Les gares indiennes sont très bien organisées : salle d’attente spéciale femmes, douches et WC gratuits, plusieurs restaurants (végétarien et non végétarien), magasins, consigne à bagages...
Dans le second train j’ai pu voir mes premiers paysages du Kerala : palmiers, rizières, et grandes étendues d’eau.
Une expérience très sympa.
Le reste de la journée fut sans particularité, à part qu’elle fut totalement gâchée par un couple de français de 21 et 22 ans occupant la chambre à côté de la mienne à l’hôtel. Il faudrait que je me fasse désensibiliser un jour : je suis allergique au mot « Science Po ». Entendre ce mot me rend malade pour plusieurs heures. Ces deux Français étaient tous deux étudiants en dernière année de Science Po Paris. Le garçon travaille deux jours par semaine pour le Conseil de l’Europe (un travail bien sûr passionnant) et gagne plus que moi à temps complet à mon insupportable et ennuyeux boulot de secrétaire.
A demain pour de nouveaux défis !