Ma première semaine à Melbourne

Publié le par Célia Sorg

Lundi 25 janvier : arrivée à Melbourne.

Voyage sans encombre. Départ de la maison à 7 heures du matin. Anna ne jette même pas un œil par la porte de sa chambre pour me dire au revoir… J’aurais bien aimé qu’elle m’emmène à la gare dans sa voiture. Tant pis, j’ai mis mes sacs sur mon dos et j’ai pris le bus.

Arrivée tranquille : l’aéroport organise des navettes de minibus aéroport -hôtel « complementary ». Le chauffeur me dépose devant la porte de l’auberge de jeunesse !

Je vais aussitôt voir la famille. Un peu déçue par la maison sans véritable jardin, le parc en face me semble affreux (complètement desséché) et c’est un peu plus loin de la gare que prévu. Mais Bernie et Geoff (prononcer Jef) me semblent très gentils. Bernie ne travaille pas. Geoff est pilote de ligne et est absent 3 ou 4 jours par semaine. Ils ont une petite fille de 18 mois, Lucette, qui semble adorable mais me jette à la figure son assiette de poulet à la tomate : j’en ai partout.

Nous tombons d’accord sur 2 heures et demi de babysitting le matin (de 7 heures à 9 heures 30) pendant 5 jours (week-ends libres sauf accord préalable), plus une soirée de baby-sitting par semaine et 3 heures de ménage. Les heures de baby-sitting supplémentaires me seront payées 10 dollars de l’heure. C’est bien mieux que ce que j’ai pu lire sur internet et en plus j’ai pratiquement toute la journée de libre puisque je finis de travailler pour eux à 9 heures 30 du matin. Ils ont deux voitures et j’aurais le droit d’utiliser la petite blanche lorsqu’ils n’en auront pas besoin.

J’ai du mal à utiliser le réseau de trams et me perd à plusieurs reprises lors de mon retour à l’auberge de jeunesse. Soirée à Melbourne très mélancolique : Wollongong me manque terriblement. Je pense à la plage, à la forêt, aux bateaux amarrés sur le port. Pourquoi donc voulais-je absolument partir ? Les évidences de la veille me semble tout à fait ridicules : j’aurais pu trouver un autre appartement, et continuer mon travail à l’hôtel n’aurait pas été si déplaisant, j’avais d’ailleurs tellement de choses encore à visiter à Sydney… Après une bière devant le match de tennis sur l’écran géant de Fédération Square je vais un peu mieux.

Melbourne est très différente de Sydney : moins belle, c’est évident (il n’y a pas la baie), plus bohème, plus fière de son passé, plus de fantaisie (dans l’architecture et chez les habitants). Des chanteurs de rue, des mendiants, des artistes qui vendent des petits objets fait main : rien de tout cela à Sydney.

Je mange des frites et une espèce de salade au poulet enroulée dans une crêpe : bizarre et pas bien terrible.

 


Mardi 26 janvier : Australian Day.IMGP3019

Auberge de jeunesse très bien : pas de dortoir, que des chambres à deux lits ! Silencieux, propre, grande cuisine. Je partage la chambre avec Mickaela, une allemande qui vient de passer 7 mois à Brisbane. Elle était « office assistant » (un peu l’équivalent d’une adjointe administrative). Peut-être pourrais-je faire la même chose ?

Alors que j’attends le début du défilé de l’Australian Day (fête nationale) un monsieur vient déposer dans ma main une pièce de deux cents (photo ci-contre). Cela m’étonne car je n’en avais jamais vu avant (la plus petite pièce est de 5 cents). Je discute avec lui : ces pièces ne sont plus en circulation depuis près de 30 ans. Il a été contrôleur de tram toute sa vie et ils gardaient les petites pièces recueillie quand il faisait le change. Maintenant il a des kilos de pièces chez lui.

Défilé sympathique. Toutes les strates de la populations défilent : les militaires, les scouts, les clubs sportifs, les associations d’handicapés, le club des fans de Star Wars déguisés en chevaliers jedi, le club des fans de jeu de rôle en costume des guerres coloniales, les différentes communautés (turque, portugaise, malaisienne, chinoise, coréenne, libanaise, etc… en costume traditionnel)…




IMGP3035Je suis le défilé jusqu’au King’s Domain (gigantesque jardin public) : dégustation de saucisses grillées chez les « Aussie farmers », exposition de vieilles voitures, pleins d’activités marrantes pour les enfants, démonstration de dressage de chiens, visite du Governement House ouvert pour l’occasion (avec des récitals de musique dans les plus belles pièces), acrobaties aériennes par l’armée de l’air…


Foule se rendant au King's Domain après le défilé.

Arrivée à Newport vers 16 heures 30. Bernie m’attend à la gare avec Lucie. Geoff est déjà parti au travail.

Nous allons chercher un vélo pour moi chez son frère qui habite à une centaine de mètre de la maison.

Premier repas ensemble très sympathique. Bernie est née à Sydney : elle m’énumère tout ce qui est mieux à Sydney qu’à Melbourne : la lumière, le climat, les plages, la nature… Cela ne m’aide pas à guérir mon mal du pays. Je pense à Wollongong sans arrêt. J’ai hâte de voir la plage le lendemain : peut-être est-elle jolie, il faut positiver…

Je retourne à Melbourne après le repas pour regarder le feu d’artifice depuis Fédération Square. Je chronomètre le trajet : à vélo la gare est à moins de 10 minutes puis il faut 20 minutes de métro pour arriver au centre ville de Melbourne : pas de quoi se plaindre, c’est même plutôt bien. En journée il y a un métro toutes les dix minutes, toutes les 30 minutes seulement de 19 heures à 1 heures du matin.

Bière et concert à Fédération Square : qu’est-ce qu’il fait froid après le coucher du soleil ! Le feu d’artifice commence à la seconde où le concert se termine et à trois endroits différents. Je suis au milieu du spectacle ! Fantastique !.

 

Mercredi 27 janvier : Wollongong me manque.

J’écris un CV pour les éventuels emplois d’« office assistant » mais ne trouve pas où l’envoyer .IMGP3050

Je vais jusqu’à la mer en vélo : n’ayons pas peur des mots, la plage, minuscule et déserte, est carrément laide. L’eau est vert sombre, le sable rougeâtre et épais, les douches glauques, les environs moches. Quelques enfants obèses jouent à se jeter du sable. Ballade à Williamstown : le port est sympa. On voit les gratte-ciels de Melbourne à travers les mats des bateaux.

Wollongong me manque terriblement. Essayer de ne pas penser à l’eau turquoise et transparente, au sable blanc et doux, aux piscines découvertes, aux vagues, au soleil qui caresse la peau, aux poissons qui s’échappent, aux fleurs sur la plage, aux surfeurs tatoués, aux douches en plein air, à l’odeur du poisson grillé de chez Diggies, au chemin de promenade le long des dunes, aux crabes sur les rochers… Penser au présent, à ce que je pourrais faire et visiter, trouver une activité, faire des rencontres… De retour à la maison j’écris par internet à des Couchsurfers Melbournais pour leur proposer de prendre un verre et de me faire visiter un peu la ville. J’ai des réponses aussitôt. Je prends rendez-vous avec un certain Mickey pour le lendemain.

IMGP3052Soirée sympa à regarder Sex in the city en mangeant du chocolat tout en se faisant masser les pieds avec un espèce d’appareil bizarre qui diffuse de l’électricité. J’ai bien l’impression que ma présence dans cette famille est autant due à la nécessité d’une baby-sitter que d’une maman-sitter.


Le Port de Williamstown avec les buildings de Melbourne en arrière plan. 









Jeudi 28 janvier : Wollongong me manque encore.

Première fois que je m’occupe de Lucie toute seule. Se réveille à 7 heures 35. Petite fille très facile, ne pleure même pas.

Je continue à chercher du boulot par internet : rien. J’envoie mon CV à des agences sensées trouver du travail aux étrangers et à des agences spécialisées dans le placement des secrétaires.

Promenade dans le parc devant la maison : c’est sec et morne. Quelques canards flottent sur une eau verte et vaseuse. Pas le moindre perroquet, pas de cocatoo. Les oiseaux sont noirs, gris, bruns, laids. Où sont les oiseaux multicolores, la nature luxuriante, les papillons, les palmiers, les fleurs ?

Je ne peux m’empêcher de penser au phare, au bruit des vagues, au cliquetis des cordes sur les mats durant les soirées venteuses, aux longues marches au bord de l’eau, aux dauphins, aux filles en mini-jupes… Ne plus penser à Wollongong. Trouver à s’occuper, travailler son anglais : je publie un article sur Gumtree pour faire un « échange de langue ».

IMGP3066Je me renseigne à l’office du tourisme de Melbourne. Peut-être que cette ville est passionnante en fait et qu’il y a des milliers de choses à visiter pour une obsédée d’histoire comme moi. Non : il n’y a bel et bien que trois musées : le musée d’art, le musée de science naturelle et le musée de l’immigration. Pour le reste : shopping, restaurant et bars branchés. Ne pas oublier qu’à Geelong en ce moment il y a l’incontournable festival de la moule (véridique!). Ah, Sydney, pourquoi t’ai-je quittée ? Les musées remplis à ras-bord de vieilleries sympathiques ! Les bibliothèques bourrées de livres qui sentent le vieux ! Les demeures centenaires qui craquent de partout !


Mickey et moi dans une glace déformante de Luna Park


IMGP3067A 17 heures j’ai rendez-vous avec Mickey, couchsurfeur né à Melbourne qui revient d’un tour du monde. Voudrait travailler dans l'humanitaire. Visite des « Arcades » : petites rues piétonnes commerçantes parfois chicos, parfois faussement populo. Puis direction Saint Kilda : la plage, Luna Park (Wouha ! Le vrai vieux Luna Park mondialement célèbre ! ), le marché de nuit avec joueurs de tam-tam, jongleurs et cracheurs de feu.

Les Melbourniens sont nettement moins bien habillés qu’à Sydney ou même Wollongong. C’est la mode du « vintage » : ça veut dire qu’ils trouvent leurs habits dans les chiffonneries et s’habillent le plus dépareillé et flachi possible. Je n’aime pas trop. Ha ! Sydneysiennes, où êtes-vous? J’aimais votre élégance minimaliste et votre désinvolture !

Toujours pas de réponse des agences : mauvais signe. J’ai besoin d’un petit job, juste pour m’occuper.



Entrée de Luna Park : dans la gueule du monstre. 






Vendredi 29 janvier : Wollongong me manque toujours.

Lucie se réveille à 7 heures 05. Elle boude sa bouillie et mange tous mes toasts au fromage (tu m’étonnes !). Je te me l’installe devant la télé et continue ma nuit sur le canapé.

Agences : toujours rien. Je les appelle. Ne semblent pas très motivés. Rien d’intéressant dans les petites annonces.

Enormément de réponse pour l’échange de conversation. Peut-être devrais-je donner des cours de français car apparemment il y a de la demande. Il me faut faire une sélection : pas facile. Les filles sont toutes étrangères : irlandaise, américaines, ou trop âgées. Un garçon de 26 ans nommé Ben me propose de pratiquer l’échange de conversation en visitant des galeries d’art : c’est sympa, je le contacte.

Je garde Lucie l’après midi pendant que Bernie va chez le kiné. Je te me la mets devant la télé pendant que je surfe sur internet. Je n’ai aucune patience.

IMGP3092Me sent déprimée lorsque la maman revient vers 16 heures : il faut que je vois quelqu’un, aller à Melbourne, ne pas rester sans rien faire. J’appelle un autre CS qui m’a laissé son numéro. Il est d’accord pour un rendez-vous dès la fin d’après-midi. Il s'appelle Arne, est allemand mais habite depuis 6 ans à Melbourne. Il est médecin urgentiste et aurait besoin de quelques cachets de vitamines C et D. Ballade le long du fleuve Yarra et devant l’enceinte sportive où se jouera la demi-finale Tsonga/Federer ce soir.

Le Rod Laver Arena où se jouera la demi-finale Federer - Tsonga dans moins de deux heures.

Nous regardons les clubs d’aviron sur le fleuve : j’aimerais essayer ce sport, il va falloir que je me renseigne. Bière en philosophant sur les voyages : pourquoi on part? Qu’est-ce qu’on cherche? Qu’est-ce qu’on fuit? Frittes en regardant le match Tsonga / Federer sur l’écran géant de Federation Square. C’est un massacre. Je ne connais rien au tennis mais Federer est extraordinaire. Il a la noblesse et le flegme d’un chevalier et semble avoir des mains et des jambes si grandes qu’il se déplace à peine sur le terrain.

Geoff rentre de ces trois jours de travail vers 23 heures.

 

Samedi 30 janvier : Peut-être pourrais-je retourner à Wollongong ?

Lucie se réveille à 7 heures 35.

Bernie m’emmène sur un marché d’artiste à Fitzroy. Les artistes récupèrent de vieilles choses et les recyclent : vieux jetons de scrable ou de domino sertis en bijou, capsules de bouchon de bouteille décorés, petites cuillères ou fourchette en argent découpées dans tous les sens transformées en boucle d’oreille. Apparemment tout le monde surfe sur la même vague et exploite le concept à fond. Ce n’est pas bien transcendant selon moi. Bernie est ravie : elle adore le « vintage ». L’idée la plus intéressante me semble celle d’un jeune homme qui récupère les vieux livres du début du siècle et refait des calepins ou des agendas en utilisant la couverture du vieux livre et les pages intéressantes.

Lunch dans un parc à Williamtown avec des amis de Geoff et Bernie.

IMGP3098Début de soirée : je rencontre Ben pour le premier échange de conversation. Lui aussi est tres palichon et aurait bien besoin de quelques vitamines. Il ressemble à une plante que l’on a oublié à la cave mais qui a essayé de pousser quand même.

Wollongong me manque : peut-être pourrais-je y retourner ? Une semaine entre Melbourne et Alice’s Spring ? Oui, bonne idée, je vais y retourner, c’est sûr ! Mais pendant les deux mois qui viennent, il faut que je reste à Melbourne : c'est le challenge. Apprendre à être heureuse malgré tout, voir de nouvelles choses, se forcer à sortir et à visiter.


La tête de Ben devant la finale dame de l'Open de Melbourne. Ecran géant de Federation Square.


Dimanche 31 janvier  : déjà une semaine à Melbourne.

Lucie se réveille à 6 heures 55.

Journée extrêmement chaude. Nous restons enfermés dans la maison. Lorsque je me décide à me rendre à la plage l’orage éclate et je me baigne sous la pluie.

Wollongong ne me manque plus puisque je vais bientôt y retourner. Mais dans deux mois l’été sera terminé… J’espère qu’il fera encore beau.

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Publié dans Australie - Victoria

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B
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