1er - 7 février : Ma deuxième semaine dans le Victoria
Lundi
Lucie se réveille à 6 heures 20.
Aucune réponse pour le boulot.
Vais à Melbourne : les cafés et restaurants mettent des annonces à leur vitrine quand ils ont besoin de personnel. Je ne trouve que des annonces demandant des serveuses. Préfèrerais être aide-cuisinier, faiseur de sandwichs ou plongeur.
Me rend à la plage de Melbourne : le vent rend la baignade peu agréable mais je trouve la plage plus plaisante qu‘à Williamstown car plus déserte (c’est paradoxale!), plus propre (moins d’algues), et les alentours sont plus beau (gros paquebots et voiliers) et sans grosses méduses gluantes (beurk, beurk!).
Melbourne Beach : paquebots dans une mer de sable.
Toujours pas de réponse des clubs d’aviron. Je leur téléphone : ne répondent pas où de manière fort peu enthousiaste. Apparemment ils ne courent pas après les nouveaux membres. Peut-être que le club du Parc Albert commencera un stage pour débutant dans 15 jours. Ils me contacteront…
Réponse d’une couchsurfeuse : enfin une fille ! Je me demande pourquoi il y a si peu de couchsurfeuses en Australie. Les filles semblent être élevée dans la peur permanente de dangers imaginaires. Nous convenons de nous rencontrer ce week-end.
Repas du soir : délicieuses crevettes cuisinées par le papa.
J’avais un peu peur d’être au pair mais en fait cela à bien des avantages : j’ai toujours de la compagnie, je dépense trois fois rien étant donné que je suis nourrie logée et que j’ai même le droit de puiser dans le frigo et de me faire un sandwich quand je pars en vadrouille. Lorsque j’ai envie de quelque chose je le note sur la liste de la porte du frigo pour les prochaines courses. Mes seules « grosses » dépenses sont ma carte de transport (29 dollars par semaine) et l’essence quand je pars en vadrouille (dans les 10 dollars pour faire 120 kilomètres). Je suis dans une maison agréable et silencieuse, pas comme dans un appartement d’étudiant avec une machine à laver qui marche seulement quand elle veut et la télé, ah non, désolée, on ne reçoit que la 4ème chaine et la 1ère quand il n’y a pas de vent. Tout est tout neuf, tout beau, j’ai mes toilettes et lavabos perso et même la clim’ dans ma chambre : le confort ! Bien sûr, je serais tomber sur une famille que je n’aime pas cela aurait été l’enfer. Mais Bernie et Geoff sont adorables, nous passons des heures à table à discuter ou à manger du chocolat en ne regardant la télé que d'un oeil…
Mardi
Se référer à l’article : « Ballarat »
Mercredi
Aucune réponse pour le boulot. J’envoie mon CV à Hungry Jack, Pizza Hut, KFC, Noddle Box, Red Rooster. Ils paient 9 dollars brut de l’heure mais je suis prête à tout pour m’occuper et gagner des copeks.
Toujours pas de réponse des clubs d’aviron.
Pas de réponse des agences sensé trouver du travail aux étrangers (et se mettre dans la poche 25% de leur salaire).
Vais à la mer à Williamstown. Temps agréable mais de grosses méduses partout ! Arrrrh ! Je les hais! Quand elles s’échouent sur la plage on dirait de grosses bouses gluantes de gélatine de 20 à 30 centimètres de diamètre. Dans l’eau, je me retrouve au milieu d’une dizaine d’entre elle : impossible de ne pas entrer en contact avec leur gros corps mou et visqueux. Beurk ! Yaky ! Yaky !
Une grosse méduse baveuse à côté de mon peton bronzé pour donner un ordre de grandeur.
Rendez vous avec Ben pour un échange de langue. Il m’offre des petits pains aux fruits de son travail (il est faiseur de sandwich dans une boulangerie). Il remonte aussitôt dans mon estime de 200%. Moi, quand on me nourrit, j’adhère ! Séance productive, j’apprends beaucoup de choses : I stole it FROM you, I am in Australia FOR one year IN a working holiday visa.
Jeudi
Lucie se réveille à 6 heures 10.
Je l’installe à côté de moi dans mon lit le temps que je sorte du coma et lui prête mon téléphone portable avec lequel elle joue 10 bonnes minutes.
Je suis sûre à présent que je suis là plus pour m’occuper de la maman que de la petite fille. Nous passons des heures ensemble à manger, discuter, regarder la télé. Je devrais rediscuter mes tarifs : je suis une excellente dame de compagnie et si je discute avec elle trois heures par soirée je n’ai plus le temps d’étudier… Elle me dit que depuis que je suis là elle n’a plus peur des cambrioleurs. J’avoue ne pas avoir eu l’idée d’avoir peur des cambrioleurs. J’ai peur maintenant.
Essaie d’étudier pour la licence de droit mais je passe plus de deux heures sur le site internet à seulement essayer d’ouvrir les cours du deuxième semestre. Impossible de les télécharger sur mon ordinateur. Echange de mails douloureux avec le service administratif de la fac.
Réponds à TOUTES les offres d’emploi que je peux trouver : dépeceur de poulet, empaqueteur dans une usine de petit électro ménager, serveur, plongeur, femme de ménage, livreur de produits bio à domicile, hôtesse d’accueil, distributeur de prospectus, et même modèle pour photo de nu…
Une des deux agences qui placent les visas vacances-travail me répond qu’elle ne peut pas m’aider. C’est rassurant !
Aucune réponse pour l’aviron.
Vendredi
Lucie se réveille à 6 heures 17. Elle est très très grognon.
J’ai enfin une réponse pour un boulot… mais c’est pour la photo de nu !!!!!! Le nom de la photographe est Alexa Star : c’est un nom d’actrice porno ça… Elle me propose 450 dollars pour une séance de 30 minutes. Ca pue...
Je rappelle l’aviron : ne décroche pas.
Vais à Melbourne. Je découvre un musée du cinéma gratuit et très bien fait. Vraiment excellent ! Visite guidée pour moi toute seule.
A Melbourne, même les poubelles font de l'art!
La couch-surfeuse fille me propose un rendez-vous le lendemain 16 heures à Brunswick East. C’est tellement loin de Melbourne que ce n’est pas sur mon plan de tram ! Je lui envoie un texto pour lui demander comment me rendre là-bas. Elle me répond : « par le tram ». Merci, ça m’aide !
Décidément, être au pair est une excellente solution : quinze jours à l’auberge de jeunesse à chercher du boulot sans succès, j’aurais craqué !
Dîner de fish and chips.
Samedi
Lucie se réveille à 7 heures 5 : il y a du progrès !
Premier jour où j’apprécie vraiment Melbourne.
Rendez-vous avec Ben pour un échange de conversation. Nous allons au marché Victoria. Café / thé devant les halls du marché. Nous mangeons les figues et le fromage que Ben vient d’acheter (j’adhère de rechef) en écoutant les musiciens des rues (qui sont très doués !). Ben est un surdoué de l’oisiveté : il sait à la perfection de rien faire en profitant de l’instant, et c’est contagieux !
Ben part à ses occupations vers 13 heures. Je me dirige vers Fédération Square. Petit arrêt dans une librairie de BD : tous les livres sont emballés, impossible de les ouvrir ! Comment est-ce qu’on fait pour choisir ?!?
Je text la couchsurfeuse en m’excusant mais je suis malade et je dois rester au lit : on reste en contact. Je ne vais pas la rappeler, elle me rappellera pas et tout va baigner dans l’huile.
Pique nique sur Fédération Square en regardant les artistes de rue.
Visite guidée passionnante sur les collections de peinture du National Gallery of Victoria.
Plage de Melbourne. Beaucoup de vent mais je parviens à m’abriter à gauche du bâtiment des douches. Que c’est bon de prendre le soleil !
Le soir : repas indien. Ahlala, l’Inde me manque quand je mange ces insipidités.
Bernie m’apporte une tisane au lit !
La plage de Melbourne, le sable et le vent. Le drapeau signifie qu'il y a des maitres nageurs en service et que l'on peut se baigner sans risque.
Dimanche
Bernie et Geoff me prêtent la petite voiture blanche et je file au bord de l’océan : une heure vingt de route environ jusqu'à Torquay. Ah ! L’océan ! C’est autre chose que cette eau dépressive et vaseuse qui traine son ennui au fond de la baie. Des vagues ! De l’écume ! Du bruit ! Des embruns ! De l’iode ! Mes sinus s’en débouchent de contentement ! J’explore entre les rochers, je marche sur le sable, je pique-nique, je batifole dans les vagues… Mais aucun bel homme à déguster des yeux. Que les hommes sont gros et pâlichon dans le Victoria ! A Wollongong, l’une des activités principales d’une après-midi sur la plage consistait à admirer les beaux hommes musclés, bronzés et tatoués qui sortaient ruisselant de l’eau. Anna avait une amie que je trouvais formidable mais qui était peu appréciée des fiancés respectifs de ces dames qui la trouvait vulgaire parce qu’elle criait aux beaux garçons : « Repasse encore une fois, chéri, je pourrais avoir un orgasme rien qu’en te regardant ! ». Oui, bon, j’avoue que c’est limite mais qu’est-ce qu’on rigolait !
Après la plage, retour dans la baie, dans la ville de Geelong où je visite le musée de la laine. J’espère ensuite retourner dans l’eau mais l’odeur est pestilentielle : la plage de Geelong est recouverte sur toute sa longueur et sur 20 centimètres de hauteur d’algues pourrissantes ! Personne ne se baigne : dans la mer, il y a plus d’algues que d’eau. Une véritable infection !
Lorsque je rentre Bernie et Geoff commence juste de manger et mon assiettes m’attend, bien remplie : ce soir c’est côtelettes d’agneau au BBQ et salades variées (miam!).