Ayutthaya

Publié le par Célia Sorg

Lorsque je vous ai laissé, j’étais sur le ferry qui voguait depuis Ko Tao jusqu’au port de Chumphon. Un voyage plutôt agréable même si j’acquière la fâcheuse habitude de m’endormir dès que je suis assise dans un endroit climatisé.

J’ai fait le voyage en compagnie d’Elie, un Israëlien fabriquant des ampoules électriques à Shanghai. Il a quitté Israël et ne souhaite pas y retourner parce qu’il se passe trop de « bad things » dans ce pays. Elie est le genre de personne qui nous redonne confiance dans l’humanité en l’espace de deux heures. Il était d’une gentillesse, d’une simplicité, d’une générosité et d’une discrétion incomparable. Arrivé au port, alors que nous devions attendre, lui le bus pour Bangkok, moi le minibus pour la gare, il m’a proposé d’aller faire un tour dans les environs. Nous avons été les seuls touristes à nous aventurer à plus de 50 mètres du quai. Après 5 minutes de marche nous sommes arrivés sur une grande place devant la mer où les jeunes jouaient au foot et où une centaine de femmes faisaient de la gymnastique, debout devant une prof sur une estrade. J’avais oublié que nous étions samedi soir : les gens sortaient et se promenaient ! C’était la première fois que je voyais la vraie Thaïlande décontractée loin des touristes. Elie allait au devant des gens avec une gentillesse mêlée de respect qui me fascinait. Il parlait avec tout le monde sans connaître un mot de Thaï, s’arrêtait pour jouer avec les enfants et demandait d’un regard la permission de prendre une photo. Nous avons partagé des beignets de calamars avant de nous séparer.

Le train de nuit pour Bangkok était particulièrement confortable : draps, couverture blanche immaculée, oreiller, matelas douillet, petit rideau protecteur. Un bonheur ! Dommage que le voyage ait été si court, j’aurais aimé rester là une quinzaine d’heure ! Une heure avant l’arrivée, c’est-à-dire à 5 heures du matin, le « responsable » du wagon (dans chaque wagon, une personne est préposée à l’entretien, au rangement et à la surveillance), m’a réveillé et m’a demandé de quitter la couchette pour pouvoir ranger ! Dur, dur !

La demi journée à Bangkok avant de prendre le train pour Ayutthaya fut éprouvante : la moindre minute passée dans cette grosse ville est de toute façon épuisante. En plus, autant l’admettre, j’étais crevée, ce qui ne facilitait pas les choses, et je ne profitais pas beaucoup des visites. Je suis malgré tout très contente d’avoir pris la navette fluviale sur le Chao Phraya, expérience très sympathique.

J’ai pris le train pour Ayutthaya dans l’après-midi où j’ai choisi un hôtel de bon standing pour pouvoir travailler sur les contes de la maison du Munster. De bon standing mais sans internet ! Pratique !

Il est très difficile de se diriger dans Ayutthaya. J‘ai beau avoir loué un vélo, les distances sont longues! La plupart des routes ne mènent nulle part et il faut faire un long détour pour arriver à l’endroit voulu tellement les intersections de routes sont rares. Parfois, il faut pédaler pendant deux kilomètres pour se rendre dans un endroit qui est à 50 mètres à vol d’oiseau !

Le marché de nuit d’Ayutthaya est très impressionnant : c’est une succession de stands colorés vendant des mets tous plus étranges les uns que les autres ! Fruits, légumes bizarres, boissons multicolores, poissons, gâteaux, poulet, canard, tête de porc, trucs gluants, trucs qui puent, soupes, plats cuisinés vendus dans des sachets transparents, et tout plein de choses que je ne saurais même pas décrire ! Impossible de goûter à tout. Je ne me lasse pas de ces marchés : c’est toujours une découverte et un plaisir pour les yeux.

Dans le Wat Phanan Choeng, temple récent avec un gigantesque bouddha de 19 mètres (le plus haut bouddha assis de Thaïlande), je peux observer la ferveur populaire. Les gens font des offrandes d’argent et de cadeaux très conséquents aux moines - vraiment pas souriants, ils ont plutôt l’air de s’ennuyer puissance 4 alors que les gens se prosternent devant eux avec une dévotion puissance 8 - qui les bénissent en leur aspergeant la tête d’une grande quantité d’eau. Les gens agitaient un gobelet rempli de long bâtonnet sur lequel est inscrit un numéro. Il vont chercher sur le mur un bout de papier avec la parole de Bouddha qui correspond au numéro du premier bâtonnet qui est tombé du pot et ils doivent méditer dessus. Dans un temple annexe une dame était préposée au bien être d'une statue en cire d'un moine (extrèmement réaliste) : elle lui changeait son verre d'eau régulièrement pour qu'elle reste fraiche et veillait à ce que ses cigarettes soient à portée de main. Les gens apportaient des plats de nourriture (et des têtes de porc fumées) qu'ils offraient aux statues et aux portraits de moine, en cire ou en peinture. J’ai eu la chance d’arriver aux heures de midi : les gens s’amassaient pour manger à des tables protégées du soleil. J’ai voulu manger avec eux mais impossible de trouver où payer et commander. En fait, il s’agissait d’un repas gratuit : je pouvais prendre ce que je voulais et autant que je voulais dans les plats proposés. Des gens cuisinaient en permanence derrière et des enfants servaient dans des petites assiettes en plastique. Il y avait du riz à volonté et l’eau. Ceux qui souhaitaient faisaient une offrande à la fin du repas dans une grande urne, après avoir lavé ses assiettes et ses bols au lavabo ! Trop sympa ! Enfin j’étais au milieu des Thaïlandais ! Ils rigolaient quand ils me voyaient prendre en photo mes plats ou lorsque j‘étais maladroite avec mes baguettes.

Le même jour j’ai fait une promenade sur le dos d’un éléphant. J’avais très envie de le faire, mais une fois dessus, je me suis sentie stupide sur cette pauvre bête avec un cornac qui ne m’a pas adressé un regard de toute la ballade. C’était une usine où les touristes montaient sur une estrade à la queue leu leu, et quand un éléphant arrivait et déchargeait ses touristes il recommençait la même ballade avec un ou deux autres… Un peu triste. Au retour j’ai été arrêtée par une pluie torrentielle : j’ai essayé de m’abriter sous un arbre mais au bout de 3 minutes j’étais trempée jusqu’à l’os et me suis donc décidé à continuer ma route sur mon vélo… pour découvrir que 200 mètres plus loin il ne pleuvait pas une seule goutte et que le sol était parfaitement sec ! Jamais vu ça !

Le lendemain, dernière baignade dans la piscine avant de prendre le train pour Phitsanulok sous une pluie battante : il pleuvait dans le wagon ! Tout était trempé et un monsieur passait la serpillère toutes les demi-heures car on pataugeait ! Les touristes étaient scandalisés, les Thaïlandais étaient très cools et laissaient les gouttes tomber sur eux en attendant l’éclaircie. Une hôtesse en tailleur beige et talon haut nous a proposé un repas, du thé, des gâteaux pour le goûter. Ce luxe faisait bizarre dans ce wagon tellement pourritissime !

J’ai la flemme de relire, donc gare aux fautes !

Bises

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Publié dans Thailande

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