Ballade à 1 kilomètre heure sur les backwaters
Mercredi 30 septembre
Je reviens d’une promenade à vélo jusqu’au « vrai » bord du lac. L’hôtel est au bord d’un canal qui lui-même mène au lac. Pour y accéder j’ai dû abandonner mon vélo et traverser le canal en barque en compagnie d’enfants de retour de l’école. Dans les endroits touristiques, les enfants ne m’accueillent pas avec un « Hello, what’s your name? » mais systématiquement par « Hello, have a pen ? ». Je me demande d’où est venu aux touristes cette idée d’apporter avec eux des paquets de stylos à distribuer. Les enfants en réclament automatiquement comme si c’était la chose la plus normale du monde. Je trouve ça un peu malsain. Une fois que je leur ai expliqué que je n’avais qu’un seul stylo et que j’en avais besoin, il continue la conversation habituelle, pas contrariés pour deux sous : « What’s your name? », « Where do you come from? », « Where are you going? »…
Ce matin, levé à 6 heures pour une promenade de 5 heures en barque sur les canaux. Pour profiter du calme du matin, j’ai choisi une barque sans moteur. Mais mon guide-rameur, payé à l’heure, y allait tranquille, et la barque progressait au grand maximum à 1 petit kilomètres à l’heure. Je n’ai donc pas vu grand-chose, d’autant que l’aller et le retour c’est fait par le même chemin. Je vous invite à vous rendre sur Pikéo pour voir les photos et les détails. Le plus intéressant était de voir comment vivent les gens dans leur maison (plutôt des baraques au bord de l’eau. Le canal leur sert de salle de bain, évier de cuisine et tout-à-l’égout. Lorsque nous sommes partis, vers 7 heures, les gens se lavaient dans le canal. Les hommes sautaient carrément dans l’eau en pagne et nageaient avant de se savonner. Les femmes se lavaient habillées avec un gant de toilette. Ils trempent même leur brosse à dent dans l’eau du canal… alors qu’ils y jettent tout leurs déchets... Un peu plus tard les enfants sont partis à l’école et les femmes sont sorties faire la lessive. Les pêcheurs se sont mis au travail en jetant à l’eau des filets ronds de manière très esthétique. Ils l’extrayaient tout doucement de l’eau avec de petits poissons frétillants coincés à l’intérieur. Egalement des moules et des coquillages que les femmes nettoyaient les pieds dans l‘eau. Visite d’un village où chaque famille habite sur sa petite île. J’étais quand même très gênée de passer presque dans la maison des gens, puisque le canal est une de leur pièce à vivre, et même leur salle de bain ! Je détesterais que des touristes à appareils photos viennent me voir prendre ma douche… Or c’est un peu ce qui se passe ici ! Les habitants sont tout de même souriants et me disent bonjour avec gentillesse. Je me demande quel profit ils tirent du passage incessant de touristes devant chez eux.
Les touristes du monde entier viennent à Allepey passer une nuit sur un boathouse, bateaux plus ou moins luxueux avec chambre à coucher, salon, cuisinier à bord. Apparemment, avant 9 heures, tous les boathouses d’Allepey doivent être rentrés au port car il faut tout nettoyer et accueillir les touristes suivant pour onze heures. J’ai donc assisté, depuis ma petite barque, à l’interminable défilé de boathouses agglutinés rentrant au port dans un nuage de gaz d’échappement. Les eaux usés et les déchets divers des touristes sont également rejetés à l’eau : j’ai failli recevoir une pelure d’ananas sur la tête en passant à proximité de la fenêtre de la cuisine de l’un d’eux ! Les canaux et leurs abords sont donc extrêmement pollués et j’ai vu beaucoup plus de bouteilles en plastiques flottant sur l’eau que de fleurs (d’ailleurs très belles).
Tout ça pour dire que je ne suis pas revenue totalement ravie de ma ballade, bien que l’ensemble ai été assez plaisant et joli.
De magnifiques oiseaux (bleu, doré à hupette rouge, vert à gorge rouge), des serpents, des gros poissons…
Mon guide rameur - impossible ne serait-ce que prononcer son nom - a 39 ans et deux filles. Il ne veut pas de troisième enfant car il n’a pas les moyens de risquer d’avoir une troisième fille : les filles coutent trop cher à marier !
Demain, voyage vers Cochin.
Bises