Pondichery, deuxième jour
Mercredi 23 septembre 2009
Je suis assis à mon balcon, face à l’océan (le rivage se trouve à une trentaine de mètres) et je vous écris en regardant le jour tomber. Grâce à la brise marine je n’ai pas trop chaud, pour la première fois de la journée. C’est impressionnant d’avoir les vêtements trempé par la sueur du matin jusqu’au soir.
Je suis très contente d’avoir changé d’hôtel : non seulement je vais dormir avec le bruit des vagues, mais en plus je ne paie que 300 roupies la nuit, contre 1800 à Patricia Guest House ! C’est scandaleux que des Français installés à Pondichéry volent d’autres Français. Ce matin, l’un des proprios de l’hôtel était en ligne avec la France pour un problème de formalité pour toucher l’allocation chômage! Alors qu’ils font payer pour une nuit l’équivalent d’un mois et demi de salaire d’un ouvrier agricole !
Je pense que je suis un peu en colère, et surtout fâché de leur avoir donné mon argent.
C’est très propre ici, et il y a tout ce qu’il faut : ventilateur, moustiquaire, salle de bain dans la chambre. Pas d’eau chaude, mais franchement, qu’est-ce que je ferais avec de l’eau chaude ? Il y a un robinet d’eau chaude dans le couloir. On peut aller y chercher une bassine d’eau si on veut. Il y a aussi un restaurant où on peut prendre un petit déjeuner pour 30 roupies. Des gens assis en lotus méditent dans le jardin (entre la mer et le bâtiment où je me trouve, il y a un magnifique jardin fleuri).
Raison de plus pour être venue ici : il s’agit d’une pension tenue par l’Ashram de Sri Aurobindo, un philosophe poête s’étant consacré au yoga et à la méditation à partir de 1910. Avec « la Mère », sa compagne, il fonde une ashram (cela signifie « travail sur soi », espèce de communauté de vie et de pensée). On m’en a dit autant de bien que de mal : pour certain, c’est une communauté religieuse accueillante et pacifique, pour d’autres, une véritable secte tellement riche qu’elle achète peu à peu tout Pondichéry. Je voulais me faire une idée par moi-même. Effectivement, le culte de la personnalité autour du Sri Aurobindo est un peu étrange (photos dans chaque chambre) et l’ambiance un peu particulière (une vertu inscrite en lettre d’or sur chaque porte - sur la mienne c’est « solitude » - salle de méditation, salon où on a le droit de lire uniquement les livres du Saint Homme). J’ai d’ailleurs visiter sa maison et sa tombe : lui et « la mère » , sont enterrés dans le jardin au pied d’un grand arbre. La tombe était recouverte d’un tapi de fleur et des gens priaient autour en touchant la tombe de la main ou du front. Je dis « prier », mais je ne sais pas ce que font exactement les hindous quand ils sont assis en lotus en silence. Je ne les imagine pas faire les même genre de prières que les catholiques. C’était impressionnant la dévotion des gens (beaucoup d’occidentaux) pour de simples mortels très laids sur les photographies.
Journée un peu fatigante aujourd’hui. J’ai essentiellement visité : marché, quartier musulman avec sa mosquée. J’ai couru la ville pour me faire faire des vêtements. Je sais qu’il aurait été aussi facile d’en acheter des tous fait mais cela m’amusait. Je suis allée acheter des tissus au marché (pas facile) puis je les ai porté chez un tailleur qui a pris mes mesures. On verra demain le résultat. Je ne suis pas convaincue par l’enthousiasme de la couturière. Nous verrons bien si c’est mettable!
Je me suis acheter un collier de fleurs de jasmin pour mettre dans mes cheveux ! Ca sent tellement bon ! C’est comme si l’odeur du jasmin nous poursuivait. On la sent surtout comme une vague quand on s’arrête de marcher.
Voilà… J’ai très faim. Je vais chercher où manger.