Mes deux premiers jours de travail

Publié le par Célia Sorg



13 novembre 2009 : j’ai 30 ans ! Wahou ! Ca fait bizarre. 30 ans tout rond ! Je me sens vieille, mais en même temps je ne voudrais pas revivre une seule semaine de ces dix dernières années et n’en regretterai pas une seule journée.
A l’auberge de jeunesse je rencontre des routardes et des routards de 19, 22, 24 ans, rarement plus (je suis toujours la plus vieille !) et lorsqu’ils me parlent d’eux j’ai l’impression qu’ils ont déjà vécu plusieurs vies alors que j’ai passé les 15 dernières années de ma vie dans un brouillard d’ennui, d’échec et de dépression.

30 ans ! Ce chiffre m’inquiète un peu, mais je suis comme soulagée : la page est tournée ! Demain, j’emménage dans mon nouvel appartement : n’est-ce pas merveilleux de commencer la décennie en s’installant dans un nouveau chez soi, un chez soi avec vue sur l’océan !

Pour fêter l’occasion, je vais ce soir au restaurant avec Kay, ma collocataire chinoise absolument adorable. Elle n’est à Wollongong que depuis 2 mois pour les études et se sent un peu seule. Depuis qu’elle sait que j’ai habité Paris, elle n’arrête pas de s’extasier : « Mais alors, tu as vu le Louvres, et Notre Dame, et la Tour Eiffel, et la Seine, et tu manges des croissants avec un espèce de pain très long et fin, et là-bas tout le monde est beau, et sent bon le Chanel n°5, et est bien habillé, et les femmes marchent avec des talons aiguilles et, et, et, et… ». En général, l’évocation du mot « Paris » me transforme instantanément auprès des Australiens en une personne surnaturelle : « Tu es parisienne? Mais alors tu es belle, tu est bien habillée, et tu es très élégante, et tu dois super bien faire l’amour et être très cultivée ». Par contre, pour les gens qui ont déjà visité la France c’est plutôt : « Paris ? Ville de merde où le café est à 4 euros et où les personnes aimables sont plus rares que les kangourous dans l’Himalaya. » Je suis assez de l’avis de ces derniers mais ne voudrais pas briser le rêve des autres.

 

Venons-en aux faits : mes deux premiers jours de travail.

Hier soir : mon premier service au restaurant de l’hôtel « Le Normandie » (je pense que ma nationalité n’est pas étrangère à mon embauche). C’était assez tranquille, la cuisinière, son aide et l’autre serveuse sont très agréables et on a même ri et plaisanté. Par contre, le patron ne me plait pas beaucoup : il est resté en short au bar toute la soirée, s’est commandé un plat alors que nous n’avons même pas le droit de manger les restes, et à dix heures du soir il était tellement émèché qu’il n’articulait plus quand il parlait ! Franchement désagréable. Les plats avaient l’air délicieux et s’il y avait eu un angle mort quelque part dans la cuisine, j’aurais ingurgité les restes dans les assiettes avec les doigts vite fait avant de faire semblant de les mettre à la poubelle. Quel gâchis et qu’est-ce que j’avais faim !

J’ai rouspété parce qu’ils ne me proposent que 4 services par semaines, et avec les jours qui changent une semaine sur l’autre donc impossible de travailler ailleurs. Le patron m’a donc proposé de faire de temps en temps les chambres de l’hôtel le matin de 9 heures à 14 heures. Cela ne m’emballait pas mais il m’a dit que je pouvais juste faire un essai et que les femmes de ménage était payées pareil que les serveuses. Je préfère faire le ménage plutôt que de m’ennuyer à l’auberge de jeunesse, j’ai donc dit oui. Ce matin à 9 heures, j’ai été prise en charge par Rosa, une Portugaise énergique (les femmes de ménage du monde entier sont donc Portugaises? ) qui a répondu à mon « Nice to meet you » par « Parle pas trop vite, ma Poulette, tu ne vas peut-être pas être si ravie de m’avoir rencontré que ça. Avec moi c’est simple : tu fais ce que je dis, comme je dis, au moment où je le dis et y’aura pas de problèmes entre nous ». Un peu sec comme introduction, mais elle s’est radoucie très rapidement, et veut maintenant me présenter son fils de 26 ans : « Un homme intelligent, très très beau, ingénieur avec une maison à lui à Sydney » parce que ce n’est pas bien qu’un homme soit célibataire à 26 ans et qu’une femme plus âgée que l’homme c’est une très bonne chose pour le couple.

Il a fallu préparer 8 chambres en une demi-heure chacune puis passer l’aspirateur dans toutes les parties communes pendant une heure. Je savais que le métier de femme de chambre était épuisant. Je ne l’aurais pas imaginé à ce point ! Je suis crevée ! Faire le ménage est en plus quelque chose de bien plus compliqué que l’on pourrait le croire : il faut beaucoup de bon sens et énormément de rigueur. Rosa m’a appris énormément de chose : lorsque l’on passe l’aspirateur dans une pièce, il faut la découper en carré dans sa tête et nettoyer carré après carré et non pas zigzaguer deci-delà sinon on perd un temps fou et on passe deux fois au même endroit. Il y a des chiffons pour les vitres, des chiffons pour la poussière, des chiffons pour le carrelage, des chiffons qui font briller. Quand on fait une chambre il faut : 1) Enlever tous les déchets, vider les poubelles, enlever les verres et les tasses sales, enlever les draps et les serviettes sales. 2) Rapporter les affaires propres. 3) Refaire le lit. 4) Faire la poussière et ranger la chambre en vérifiant tiroirs et placard pour les éventuels oublis. 5) La salle de bain : laver les murs en premier, puis le lavabo, puis les toilettes, et « voyons Alice, le sol, ça se fait en dernier sinon tu marches dans ton mouillé ! ». 6) Passer l’aspirateur dans la chambre, puis dans le couloir devant la chambre jusqu’à la chambre suivante.

Être efficace et s’organiser pour perdre le moins de temps possible demande beaucoup de savoir faire. Les femmes de ménage, les bonnes femmes de ménage du moins, devraient être payées beaucoup plus.

J’espère que je trouverai un autre boulot parce que faire cela tout l’été ne me branche pas beaucoup. Je vais dès demain refaire le tour de tous les restaurants pour me rappeler à leur bon souvenir et peut-être quelques boutiques et bars.

Voilà pour aujourd’hui. Je vais partir en exploration pour choisir mon restaurant d’anniversaire.

Bises

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P
<br /> Hi, Alice. Happy birthday to you !!! Петр из Дижона<br /> <br /> <br />
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D
<br /> Joyeux anniversaire, Alice ! Je vais de temps en temps sur ton blog, même si malheureusement j'ai pas toujours le temps de le lire... Il faut dire que tu es très prolixe !<br /> 30 ans, c'est le plus bel âge ! Et puis, tu es sur le point de rencontrer (peut-être) l'amour de ta vie. Un bel et jeune ingénieur australo-portugais. Et voilà comment on finit sa vie à<br /> Sydney...<br /> Bises. Et bon courage avec ton horrible patron !<br /> <br /> <br />
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P
<br /> et hop, joyeux happybirthday!<br /> <br /> <br />
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L
<br /> Joyeux anniversaire a toi Alice! Profite bien de ta nouvelle année et réalise tout tes souhaits. Mille vœux de bonheur - nous buvons a ta santé!!!<br /> <br /> <br />
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M
<br /> joyeux anniversaire!!!! et welcome dans le monde de l'hotellerie (brrr)<br /> <br /> <br />
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