Et voilà, c'est fini...

Publié le par Célia Sorg

27 janvier 2010

Me voici dans l’avion qui m’emmène aux Etats-Unis. J’étais revenue à Bidyadanga heureuse et bien décidée à me faire accepter de grée ou de force. J’ai tenu bon quinze difficiles journées. Tout d’abord, Wayne, l’artiste en résidence avec qui je travaillais à fini son projet et ne reçoit plus d’enfants dans sa classe. Puis Lehani est partie en formation à partir du mercredi et je ne pouvais plus aller dans sa classe. Enfin, de la concurrence supplémentaire est arrivée à l’école : Judith, la belle-mère du directeur, qui c’est fait embaucher par piston et est partout ou j’essaie d’aller, l’assistance aborigène de Danny (l’institutrice des 7 ans) est revenue, je ne suis donc plus la bienvenue dans sa classe, et enfin Maggie, la femme d’un « builder » vient elle aussi faire du bénévolat pendant son temps perdu (et elle a l’avantage de parler couramment l’anglais). Keith m’a invité dans sa classe pour « enfants à problème » mais cela faisait trois enfants à se partager entre lui, l’assistante aborigène et moi… Bientôt, il y aura plus d’adultes que d’enfants dans cette école !

Quelques moments magiques tout de même : le lundi soir avec Lehani à regarder les étoiles, le jeudi soir à Portsmith où le groupe de musique de la famille de Liana se produit et où j‘ai bien dansé, la journée du dimanche à Ecobeach avec Lehani, la soirée lasagne de mardi dernier où j’ai invité les gens que j’aimais bien. Mais j’ai dû admettre que mon besoin de rester à Bidyadanga était surtout la peur de rentrer en France. Il fallait me rendre à l’évidence : je n’avais rien à faire ici et n’y trouverais jamais ma place. Autant arrêter d’insister et affronter le retour au plus vite. J’ai quitté Bydiadanga le cœur gros (j’ai passé les deux derniers jours en larmes), pas seulement parce que j’ai aimé cet endroit malgré les difficultés mais surtout parce que cette école m’a rappelé que j’aurais bien aimé être institutrice il y a quelques années et que je n’aurais pas été mauvaise, ou du moins que j’aurais fait de mon mieux pour de pas l’être ce qui revient au même. Je suis en colère contre mon pays qui ne me donne pas la chance de m’épanouir professionnellement, dans quelque domaine que ce soit, mais m’oblige à des travaux rébarbatifs et inintelligents pour un salaire ne me permettant même pas de me payer un logement décent. Et j’en ai assez de m’entendre dire que j’ai un travail de merde parce que je ne fais pas assez d’efforts ou parce que je m'y prends mal. Cela fait 10 ans que je me bats et que je continue à me battre pour au bout du compte taper du courrier et classer des documents dans des dossiers. 

L’Australie est un magnifique pays avec de grands potentiels mais mon anglais est trop lamentable pour espérer y faire autre chose que des travaux subalternes : femme de ménage à Wollongong, au pair à Melbourne, bénévole inutile à Bidyadanga… On ne pourra pas dire que ce voyage m’aura redonné l’estime de moi-même ! Mais j’ai appris beaucoup, j’ai rencontré des personnes extraordinaires et j’ai vu des choses magnifiques. Je suis heureuse d’être partie et suis prête à recommencer. La prochaine fois, j’espère simplement pouvoir me sentir utile et que mes capacités serviront à quelque chose, même si ce n’est qu’à 10%.

Je suis triste de quitter l’Australie avec un sentiment d’échec mais suis ravie d’arrivée demain à San Francisco. Je ne comprends pas, d’ailleurs, comment on peut partir de Sydney le dimanche à 14 heures de l’après midi, et arriver à San Francisco le même jour à 10 heures et demi du matin après 13 heures de vol. J’ai beau retourner le problème dans tous les sens, c’en est de trop pour mon cerveau.  

A bientôt à San Francisco !

Alice

 

 

 

 

 

 

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M
<br /> marrant j'ai pas eu de notification pour ce billet-là, mais heureusement je fouille toujours un peu ;-)<br /> <br /> on braque une banque et après on monte une agence de voyage toutes les deux?<br /> <br /> <br />
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