Birmanie, 10 novembre 2011

Publié le par Célia Sorg

Petit déjeuner : très bon. Petit pâté au canard, à la noix de coco, aux haricots, et mini-pizza avec de la sauce piquante. Je commande un thé au jasmin et on m'apporte un thé à l'allure de capuccino, c'est à dire recouvert de lait moussu. Très bon, cela ressemble aux thés indiens très parfumés et très forts. Egalement thé léger gratuit et à volonté. Note importante : ne plus commander de "home made fresh orange juice" s'il n'est pas pressé devant moi, cette mixture hyper sucrée que l'on m'a fait payer 1000 kyats (1 euros, 1 dollars 30) est répugnante.

Les birmans présentent à mon égard une indifférence polie. Ce serait faire preuve de mauvaise éducation de manifester de la curiosité et dévisager quelqu'un. Mais je sens qu'ils utilisent leur regard périphérique pour me regarder. Parfois, ils sont trois ou quatre serveurs qui s'affairent autour de ma table, passent et repassent, tripote une salière sur ma table, rangent les cure-dent dans le petit bol : autant de prétextes fallacieux pour regarder de plus prêt mes cheveux d'une couleur vraiment très étrange et mes habits bizarres. Parfois, un enfant ou un adolescent "s'oublie" et me regarde fixement avec perplexité. Lorsque je lui dis Bonjour (le mot du jour : Mingalaba!), il ou elle semble se réveiller en sursaut, un peu paniqué, répond à mon boujour avec un grand sourire radieux et détourne vite la tête.

La station de bus est loin. Le chauffeur de taxi, Houssama me demande 7000 kyats (7 euros). C'est un peu cher! Mais j'ai beau marchander : rien à faire! Il aime beaucoup discuter, me commente ce que l'on voit : hôtel, de luxe, pagode, et me pose des dizaines de questions. Il est très inquiet d'apprendre que je ne suis pas marié et me demande si je n'aime pas les hommes. Il veut aussi savoir si en France, les catholiques et les musulmans peuvent se marier ensemble. C'est la fête de la pleine lune. Nous croisons de très nombreuses camionnettes chargées à ras-bord de cadeaux pour les moines, de grands chevalets sur lesquels sont accrochés des centaines de billets de banque, des gens déguisés et des hauts-parleurs qui crachent de la musique très forte. Ils se rendent dans les pagodes pour remettre leurs cadeaux et de l'argent aux moines. Houssama fait partie de la minorité musulmane et me parle de cette fête avec détachement voire même une pointe de condescendance : cette fête me dit-il c'est "just for money", rien de plus.

En attendant le bus danses

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jeune danseur, station de bus, fete de la pleine lune.

 

 

 

 


Le trajet en bus est plaisant. J'avais peur de me retrouver dans un bus de touristes, mais non ! Je suis la seule! Une grande télé commence par diffuser un moine récitant des prières, puis des clips de musiques birmanes genre karaoké extrêmement kitch, puis un film genre sitcom qui fait rire les passagers aux éclats.

Jolis paysage, beaucoup de cultures, des bergers avec leur troupeau (vache ou chèvre), des travailleurs dans des champs. Très peu de machines agricoles ou alors dignes d'un musée. Je vois à plusieurs reprises des hommes labourer des champs à la charrue, avec un attelage de boeufs (ou de vaches?).

Le trajet dure 8 heures et il n'y a qu'une seule pause, à midi. Personne ne parle anglais et ne peut me dire à quelle heure nous repartons. J'ai peur que le bus parte sans moi, j'essaie donc de repérer les gens qui sont dans le bus avec moi, et lorsque je vois qu'ils partent, hop, je me sauve aussi. Heureusement qu'il y a une petite fille au style très étrange qui est très facile à repérer : elle porte des talons hauts, du rouge à lèvre, un petit sac un main doré très kitch, et surtout un manteau violet avec un col en fausse fourrure sale. Ce petit bout de femme déguisé et maniérée est en total contraste avec ses parents qui semblent très humbles et effacés.

Repas-birman-typique.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Repas birman typique : gargantuesque ! Et encore, il manque la soupe et le the a volonte ! Riz, viande au choix (que l'on choisi dans une vitrine), divers petits plats de legumes.

 

 


La station de bus de Mandalay est à environ 10 kilomètres du centre-ville. Je prends une moto-taxi : pas très confortable avec mes sacs! Mon chauffeur veut à tout prix discuter mais je préfèrerais qu'il se concentre sur la route!

Dans un restaurant je rencontre Marisa, une Autrichienne, hôtesse de l'air quand elle n'est pas routarde. Nous discutons longuement de nos voyages et décidons d'aller demain ensemble au théâtre.

Sur le chemin du retour, nous rencontrons des gens attroupés devant un restaurant de rue. Ils jouent : une personne se fait bander les yeux, on la tourne dans tous les sens, et un bâton à la main, zigzagant et titubant, elle doit essayer de taper dans un bidon posé sur un tabouret . Le public lui crie des indications : à droite, à gauche, tout droit ! Quelle ambiance!

Publicité

Publié dans Birmanie

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article