Ballade en bateau, Golden Bridge et le Soma
Mardi 29 juin
Lever à 8 heures.
Impossible de me faire un thé : il n’y a pas de tasses dans la cuisine de Suzan. Je ne trouve que trois gobelets en plastique et une vingtaine de fourchettes en plastiques. Pas une assiette, pas une tasse, pas une casserole, RIEN ! Tous ses tiroirs et placards sont remplis de livres et de paperasses ! Le four et les plaques de cuisson n’ont JAMAIS servis. J’avais entendu parlé de ces Américaines qui ne faisait jamais la cuisine et ne mangeait que des plats à emporter… mais je n’imaginais pas que c’était à ce point. Après longue réflexion Suzan me trouve un thermos dans lequel je peux faire mon thé.
Vais au travail avec Suzan. Elle laisse sa voiture au milieu du parking avec la clef sur le contact et quelqu’un vient pour se charger de la garer. Elle a une start up de jeux videos sur internet. 15 personnes travaillent pour elle. Beau local lumineux.
Petit déjeuner de roi sur market street.
Alcatraz depuis le bateau
Croisière sur la baie : passage sous le golden bridge et tour autour d’Alcatraz. Super ! Un dauphin fait un bout de chemin avec le bateau. Il fait froid.
Ballade le long de Fichermans wharf. Ballade le long du quai « historique » où se trouvent amarrés de magnifiques « vieux » bateaux (une centaine d’année).
Prend le bus pour me rendre sur le golden bridge. A côté de moi se trouve une jeune femme qui porte de grosses lunettes sans verres ! J’avais déjà remarqué cela la veille : les femmes portent des lunettes de vieux bien trop grosses pour elles. Cela leur donne un air de super-héros avant transformation (Spiderman avant de se faire piquer par la méchante araignée transgénique et Lois Clark en journaliste de seconde zone maladroit). Je fais les ¾ du chemin sur le pont puis reviens. Merveilleuses vues sur la baie.
Reprend le bus pour me rendre dans le SOMA (South Market) où je trouve toutes les galeries d’art. J’en visite 3 dont la fameuse Catharine Clark Gallery, célèbre pour ses prises d’opinions politiques et son goût pour la provocation (photo de la guerre en Iraq, pornographie). Mais je ne trouve que des peintures d’arbres tronçonnés en rondelle. Déçue…
San Francisco Museum of Modern Art. Un Ipod nous explique les œuvres (parfois en Français!). C’est très intéressant. J’aime beaucoup le tableau minimaliste de On Karawa. C’est un artiste nomade qui peint un panneau par jour depuis vingt ans.
Dessus il n’y a que la date du jour et il fabrique une boite pour emballer la toile dans laquelle il glisse une page du journal local de la ville où il se trouve. Je devrais moi aussi devenir artiste nomade et faire de l’art conceptuel. Je suis sûre que je pourrais moi aussi « faire de lard » - et, qui plus est, en me faisant plaisir - si seulement j’osais. Mais malheureusement, mon subconscient intime, prénommé Bob (ou Eugène, Célia, Annaïka… ça dépend des jours) est convaincu d’être un gros incapable improductif et censure impitoyablement tous mes instincts créatifs. Il faudra que j’ai un jour une conversation amicale mais ferme avec Bob.
Je vais retrouver Suzan à son travail. Journée difficile : elle a dû renvoyer un de ses employés cet après-midi. Il est 19 heures mais 4 employés sont dans les bureaux… en train de jouer à des jeux vidéos ! Comme ils sont concepteurs de jeux vidéos ils doivent se documenter et comprendre comment les jeux de la concurrence marchent pour en inventer de nouveaux encore mieux !
Suzan m’emmène faire un tour en voiture : nous franchissons le golden bridge pour nous rendre à Sausalito et Marin City. Les paysages sont à couper le souffle ! Pourquoi lorsque les Australiens envahissent un paysage avec leurs maisons il devient automatiquement hideux et déprimant alors qu’aux Etat-Unis un paysage même archi-colonisé a de la classe et un certain esthétisme photogénique? Nature plus fragile ? Moins de moyens ? Mauvais goût ? Désintérêt pour l’environnement ?
Suzan et moi devant la baie à Marin City.
Restaurant japonais à Marin City avec vue sur la baie et San Francisco au loin. J’ai beau me forcer je n’aime pas manger japonais. C’est insipide, fadasse, hyper-sein, pas salé, pas gras, beurk, beurk, beurk… Vive le poisson cru mais alors en carpacio avec de l’huile d’olive et des petites herbes, pas entre deux tranches de concombre et du riz blanc…
Passage dans un supermarché 100% bio où le kilo de pomme est à 6 dollars et où j'ai du mal a trouver des cookies avec gluten et un yahourt avec matière grasse. Le monde est fou : on va tous mourir et on n'aura même pas droit au gluten avant !